Un guide opérationnel pour investisseurs et groupes étrangers : quel type de société convient, comment enregistrer la société que vous possédez déjà à l'étranger, ce que cela coûte vraiment, le temps que cela prend vraiment — et comment la structure se relie à la banque, au change et à la résidence.
Créer une société en Argentine peut être la première étape d'un projet d'investissement, d'une opération de commerce extérieur, de l'expansion régionale d'une entreprise étrangère ou d'un projet personnel d'installation dans le pays. Pour l'investisseur étranger, ce n'est pas un simple acte d'enregistrement isolé : la structure retenue conditionne l'entrée et la sortie des fonds, la charge fiscale, l'ouverture du compte bancaire, l'exposition patrimoniale de la maison mère et — le cas échéant — la demande de résidence.
Avant de choisir le type de société, déterminez lequel des deux vous visez réellement. Sur le papier ils semblent proches ; en pratique ils divergent complètement.
Vous constituez une filiale ou enregistrez votre société étrangère, nommez des administrateurs et représentants locaux, signez des contrats et opérez sans résider en Argentine. La présence personnelle peut être exigée ensuite, surtout à l'étape bancaire.
La société peut s'intégrer à une stratégie de résidence comme investisseur, salarié ou dirigeant. Elle ne confère pas la résidence à elle seule : l'autorité migratoire apprécie la réalité économique du projet.
Vous créez une personne morale locale — en règle générale une SAS, une SRL, une SA ou l'unipersonnelle SAU — dotée d'un patrimoine, d'un CUIT, d'une comptabilité et d'obligations propres. Selon le type, la responsabilité des associés se limite au capital souscrit, sans préjudice des responsabilités personnelles découlant de garanties, de fraude, d'abus de la personnalité morale ou d'une gestion irrégulière.
| SAS | SRL | SA / SAU | |
|---|---|---|---|
| Associés | Un ou plusieurs | De 2 à 50 | Deux ou plus (SA) ; un (SAU) |
| Capital minimum | 2 × salaire minimum | Aucun minimum légal | ARS 30.000.000 |
| En numéraire à la constitution | 25 % du capital en numéraire | 25 % du capital en numéraire | ARS 7.500.000 (SA) ; 100 % (SAU) |
| Capital représenté par | Actions | Parts sociales | Actions |
| Direction | Un ou plusieurs administrateurs | Un ou plusieurs gérants | Conseil d'administration + garantie des administrateurs |
| Usage typique | Services, technologie, filiales simples | Sociétés fermées, coentreprises | Projets institutionnels, réglementés ou de grande envergure |
Valeurs en vigueur au 22 juillet 2026. Le minimum de la SAS suit le salaire minimum et évolue avec lui. Le capital légal minimum n'est pas le capital adéquat — et ce n'est pas ce que la banque examinera. Comparaison complète, avec les chiffres qui décident vraiment →
| Structure française | Équivalent argentin | Différence pertinente |
|---|---|---|
| SARL | SRL | La cession de parts exige un acte et un enregistrement ; la SRL argentine n'admet pas d'associé unique (contrairement à l'EURL) |
| EURL / SASU | SAS ou SAU | La SAS admet un associé unique avec un capital minimum faible ; la SAU exige la libération intégrale du capital |
| SA (non cotée) | SA | Capital minimum de ARS 30.000.000, dont ARS 7.500.000 en numéraire à la constitution |
| Holding à l'étranger | S'enregistre au titre de l'art. 123 puis détient la société argentine | L'enregistrement conditionne les actes sociaux mêmes de la société argentine |
| Étape | Référence |
|---|---|
| Constitution d'une société argentine (dossier prêt) | ≈ 15 jours ouvrés |
| Procédure urgente de SA ou SRL, sans observations | 5 jours ouvrés |
| Enregistrement d'une société étrangère (art. 118 ou 123) | ≈ 30 jours ouvrés |
| Processus complet avec documents venus de l'étranger | 8 à 14 semaines |
| Ouverture du compte bancaire | Variable et indépendante |
La différence entre 15 jours et 14 semaines tient à ce qui se passe avant le dépôt : obtention de l'identification fiscale des associés non-résidents, établissement de procurations à l'étranger, apostilles, traduction assermentée et reconstitution documentaire de la chaîne de détention jusqu'à la personne physique qui contrôle.
Nous n'intervenons pas sur le segment des constitutions automatisées à bas coût destinées aux résidents locaux. Notre travail s'adresse aux investisseurs et aux sociétés étrangères qui ont besoin de prévisibilité, de coordination internationale et de cohérence entre la société, l'investissement, l'exploitation et la situation migratoire.
Non, en règle générale. Les étrangers peuvent être associés ou actionnaires sans restriction de nationalité. Ce qui doit être respecté, c'est le nombre minimum de membres de chaque type de société et les règles de domicile applicables à ses administrateurs.
Oui, au moyen d'une procuration établie devant notaire dans votre pays, apostillée et traduite en Argentine. Les étapes ultérieures, surtout l'étape bancaire, peuvent exiger une présence personnelle.
Le minimum légal correspond rarement au montant commercialement adéquat. Banques, contreparties et administrations apprécient le rapport entre le capital, l'objet social et l'opération projetée. Un capital nominal crée des frictions ensuite, y compris dans une demande de résidence fondée sur l'investissement.
La succursale permet à la maison mère d'agir directement, mais peut exposer son patrimoine. La filiale offre une séparation juridique plus forte. Le choix exige une analyse fiscale, patrimoniale, réglementaire et opérationnelle, et non une réponse toute faite.
Cela dépend du fait que l'entrée de l'investissement ait été liquidée et enregistrée correctement. C'est une décision de conception, prise en même temps que la structure sociétaire, et non une démarche ultérieure.
Pas automatiquement. Elle peut soutenir une demande en présence d'un investissement réel, d'une activité vérifiable et d'une documentation cohérente. Les critères migratoires figurent dans notre guide de la résidence.
Mis à jour le 22 juillet 2026. Les montants indiqués sont ceux en vigueur à cette date ; le capital minimum de la SAS évolue avec le salaire minimum. Ce contenu constitue une information générale et ne vaut pas conseil juridique pour un cas concret. Les règles sociétaires, fiscales, de change et migratoires évoluent, et chaque dossier est tranché selon ses propres mérites. Nous recommandons une consultation avant de constituer la société ou de préparer des documents à l'étranger.
Indiquez-nous l'activité, l'origine des fonds, qui sont les investisseurs et si l'un d'eux compte s'installer. Nous cartographions la structure adaptée, les documents que votre juridiction d'origine doit émettre et le délai réaliste. Nous agissons sur procuration, vous n'avez donc pas à vous déplacer. Première réponse confidentielle, en général le jour ouvré même.